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La libération d'Assevillers - Août 1918

Voici le récit des quelques jours qui ont précédé la bataille décisive du Mont Saint-Quentin et qui ont permis la libération du village d’Assevillers :

« Tout commença le 26 Août 1918. Le 32ème bataillon d’infanterie Australien partit d’Aubigny (proche de Villers-Bretonneux) afin de relever le 4ème bataillon sur la ligne de front. Cette relève eut effectivement lieu dans la nuit du 26 au 27 Août 1918 vers 1h et la ligne de front s’étalait alors dans un secteur situé entre Chuignes et Fontaine lès Cappy - au nord - et jusqu’à l’entrée de Foucaucourt - au sud - sur environ 1300m. Sur leur gauche - plus au nord - se trouvait le 24ème bataillon, sur leur droite - plus au sud - le 30ème bataillon. L’objectif était alors de tenir le front et de poursuivre l’ennemi s’il montrait des signes de retrait.

Le 27 Août 1918 au matin, le 32ème bataillon explora les tranchées situées sur cette ligne de front mais ne trouva aucune trace de l’ennemi. A midi, l’ordre fut donné de s’enfoncer dans les tranchées situées au sud de Fontaine-lès-Cappy. C’est là que le 32ème bataillon rencontra l’ennemi. A l’issue d’un affrontement rapide qui fit environ 10 morts côté allemand, huit soldats allemands furent capturés dont un officier blessé. L’ennemi se retrancha alors dans le bois TOUFFU, déjà rendu célèbre en 1916, tandis que l’infanterie Australienne prenait position dans le bois des Cuisines. Chacun tenait alors ses positions et un important bombardement ennemi eut lieu dans l’après midi de ce 27 Août 1918. L’état major australien ordonna alors au 32ème bataillon de récupérer le bois TOUFFU et de poursuivre l’occupant allemand dès le lendemain matin.

Lors de la prise de ce bois vers 7h du matin de ce 28 Août 1918 ensoleillé, un obusier fut pris à l’ennemi. Puis plus aucune résistance ne fut rencontrée : Fay fut délivré à 9h du matin, un train d’une vingtaine de wagons abandonné par l’ennemi fut récupéré. Le 32ème bataillon continua d’avancer et garda le contact avec l’ennemi qui n’offrit pas de grande résistance excepté de la part de ses mitrailleuses. Par la suite, l’ennemi se retrancha dans un bois situé à l’ouest d’Assevillers et au sud de l’aérodrome qu’il tint à l’aide d’une pièce d’artillerie. Autour de ce bois se tenait un labyrinthe gigantesque de tranchées qui avait été autrefois occupé. Tous les bataillons étant passés par cet endroit dépeignent un paysage ravagé où plus un brin d’herbe ne pousse et où seuls quelques rares arbres, vestiges d’un lointain passé pacifié, subsistent déchiquetés, un paysage profondément meurtri où les longues et sinueuses tranchées comme autant de cicatrices redessinent une campagne autrefois si florissante. C’est dans ces « vieilles » tranchées, comme les décrivent les soldats du 32ème bataillon, dans ces tranchées elles-mêmes désertées, que les soldats du 32ème durent manœuvrer. Mais les soldats allemands se retirèrent à nouveau de ce bois et les soldats australiens, conformément aux ordres, continuèrent de poursuivre l’ennemi. C’est ici près d’Assevillers que 18 soldats allemands furent capturés. Assevillers fut alors délivré vers 21h. Mais il est déjà trop tard, le village a fortement souffert des combats intenses de 1916. Le village a perdu son église, son moulin, son école, son cimetière... La ligne de progression fut alors établie à 400m à l’est d’Assevillers, les australiens préférant s'installer en dehors du village plutôt qu'au milieu des gravats. Depuis le matin près de 5km de terrain ont été regagnés à l’ennemi, et ce sur un champ de bataille abimé, tourmenté, dévasté par les combats de 1916. Les hommes du 32ème bataillon étaient certes satisfaits de leur progression mais extrêmement épuisés par les circonstances de ces combats. Aujourd’hui nous savons que si les soldats allemands reculaient devant la pression australienne, c’était en réalité pour mieux préparer leur résistance lors de la bataille du Mont Saint-Quentin, chacun des belligérants tenant une berge de la Somme. Le pire était encore à venir.»

par Bertrand FARENEAU,
Oct.2013